samedi 29 juin 2013

Route 118

Qui n’a pas eu l’occasion dans sa vie d’emprunter au moins une fois la nationale 118 ?
En particulier lorsque vous travaillez à Vélizy, cet axe est quasiment inévitable.

Si cet axe était une 2 fois 12 voies, ça irait. Oui mais voilà, il s’agit d’une voie avec 3 voies vers la Province et 2 vers Paris. Et quand vous connaissez le trafic routier qui se déplace sur cette nationale, c’est quasiment planté d’avance.
Ce n’est jamais suffisant pour laisser passer le flot ininterrompu de voitures, camionnettes, bus, cars, camions, motos, scooters, tracteurs, barques, tandems, vélos, rollers et autres touristes en skateboard.

Il en roule, il en roule, à toute heure du jour et de la nuit, surtout et principalement le matin quand tout le monde part au boulot et bien sûr le soir quand chacun repart dans ses pénates. Parce que vous me direz, ce serait bien plus simple si tous ceux qui prennent la 118, restaient un peu sur place une fois arrivés et ne repartaient chez eux que tous les 2 jours voire une fois par semaine !
Oui…mais non, ceux qui empruntent la 118 le matin dans un sens, l’empruntent dans l’autre sens le soir, et inversement.

Voilà un florilège des situations rencontrées ces dernières semaines :
  • un car qui tire la calandre en essayant de gravir péniblement la côte et qui en conséquence bloque une voie tellement il avance lentement
  • une vieille Lada qui crame ses derniers centimètres de gomme en tentant l’ascension d’un côte hors catégorie et inonde la couche d’ozone d’une épaisse fumée noire traduisant l’asphyxie prochaine de son moteur à explosion
  • une berline retournée sur le toit et en sens inverse, si si je vous jure ! après le 1er sentiment d’inquiétude pour les passagers et une prière à St Christophe, reste le ras-le-bol de devoir à nouveau se déporter sur la voie libre ou un camion a décidé de tirer son chargement avec autant d’aisance qu’un paysan emmenant boire son âne qui n’a pas soif
  • les camions, parlons-en justement ! Le top du top fut un joli 30 tonnes paisiblement échoué sur la voie de gauche, celle du milieu et une partie de la voie de droite. Tel un cachalot mécanique venu mourir sur les côtes parisiennes, il empêchait presque tout véhicule d’emprunter la 118 et le bouchon ainsi créé remontait jusque dans Boulogne ainsi que sur les quais de Seine !
Je vous passe donc les détails des effets collatéraux sur les axes environnants qui se retrouvent eux-mêmes saturés à souhait et provoquent par la même une réaction en chaîne d’exaspération au niveau des conducteurs ainsi immobilisés.

Je proposerai d’ailleurs très bientôt que l’école de formation des bonzes tibétains intègre dans son cursus un exercice pratique dédié au développement de la patience et de la zénitude des profondeurs, scenario décrit comme suit :
  • vous avez mal dormi,
  • vous n’avez plus de capsules Nespresso,
  • il commence à pleuvoir,
  • la porte du garage met une éternité à s’ouvrir,
  • à peine dans la rue vous vous retrouvez à devoir laisser se garer une personne qui a dû apprendre à faire un créneau avec la petite voiture Playmobil de son petit-fils,
  • finalement vous passez la barre des 30 à l’heure dans la rue à sens unique en constatant que votre retard n’est que de 20 mn par rapport à votre 1er call de la journée,
  • vous passez au feu légèrement rougeaud (un joli rouge léger, entre fraise et framboise, qui  s’avérera finalement être couleur prune)
  • et là, à l’instant où vous pensez enfin avoir fait le plus dur et où vous sentez que le levier de vitesse va pouvoir se déplacer vers la 3ème, vous vous encastrez délicatement dans l’embouteillage magistral qui orne le bas de la nationale 118 !!!!!!
Maintenant, jeunes apprentis bonzes, à vous de jouer. Vous avez 10 minutes pour arriver à Vélizy et le 1er qui râle, hurle, insulte, peste, fulmine, s’exaspère, s’énerve, se met en colère, trépigne, s’impatiente, fait une queue de poisson, grille une priorité, crie de rage, fume 2 clopes en même temps, mordille son volant ou encore démonte son tableau de bord, celui-là a perdu.

Car comme le dit le proverbe tibétain « Le bonheur n'est pas au bout du chemin, le bonheur c'est le chemin. » Et ça, je le vérifie tous les jours avec ma chère 118 !