vendredi 12 juillet 2013

La guerre des écrans

Après Star Wars, voici Screen Wars ! Ou commet faire en sorte que l’armée des écrans ne remporte pas la bataille engagée en ce qui concerne nos activités. Et Dieu sait que la lutte est acharnée !

En effet, autant fut une époque, sans doute maintenant révolue, au cours de laquelle le poste de télévision trônait majestueusement sur une table du salon, autant de nos jours les écrans se sont multipliés comme des petits pains : écrans plats, ordinateurs fixes et portables, tablettes tactiles, smartphone et autres objets dont le pouvoir d’attraction sur nos jeunes têtes blondes et brunes est redoutable.

La fascination est immense pour les images, pour ce qui fait du bruit ou de la musique (par moments d’ailleurs la frontière est ténue), clignote sans arrêt et offre l’avantage merveilleux de pouvoir être animé du bout des doigts. Car le tactile est si facile : lancer un dessin-animé d’un coup de pouce et l’arrêter de l’index, lancer des poussins contre des briques d’un simple glissé de majeur et enfin envoyer un pauvre chien dans l’espace sans même risquer la moindre remontrance de la SPA.

Une scène permet de mesurer l’invasion des écrans : la télévision est allumée, un de mes enfants la regarde tout en jouant à la console, l’autre regarde une vidéo sur l’ordinateur alors que la tablette diffuse pour je ne sais qui le dernier flash info à ne pas rater. Autant vous dire que les capacités d’attention et d’écoute de mes lutins flirtent avec le zéro absolu.

Et quand je dis zéro, cela correspond aux fois où j’obtiens un son en réponse à mon « Coucou ! », son qui s’apparente à un grognement péniblement émis. Car la plupart du temps, il me faut répéter une bonne dizaine de fois mon salut, saisir ensuite le mégaphone spécial manif pour réitérer ma salutation et obtenir enfin un signe d’approbation. Je vous rassure le tout est réalisé sans que les 2 paires d’yeux n’aient quitté d’un micron leurs écrans.

Résultat, afin d’obtenir un semblant de considération de la part de ma descendance, j’emploi la manière forte, à savoir éteindre les fameux écrans ou les mettre successivement sur pause. Ce dernier geste permet de négocier une trêve visuelle et de ramener à la réalité mon jeune public littéralement hypnotisé par le bombardement d’images.

Car, vous l’aurez deviné, si par malheur, ô grand malheur, j’éteins l’un des diffuseurs, vous pouvez être certains que c’était LE moment où il ne le fallait pas. C’était LE moment où le suspens de l’épisode en cours atteignait son paroxysme, LE moment où le méchant était en train de rendre son âme numérique ou encore LA publicité qui était indispensable à la préparation de la prochaine liste de Noël (même si nous ne sommes que le 12 juillet !).

Bref autant l’entrée dans le monde des écrans récolte systématiquement l’unanimité des suffrages exprimés par les mineurs de la famille, autant la sortie semble un crève-cœur et une épreuve digne des pires supplices. En général cette phase de la bataille se caractérise par les phrases suivantes : « Oh non, c’est presque fini ! », « Non pas maintenant ! », « Attends, attends, attends, après j’arrête ! ».

Le mieux se produit lorsqu’il s’agit de mettre fin à une partie sur console. A cet instant retenti le cri fatal : « Attends il faut que je sauvegarde ! ». Bien sûr, j’allais oublier ! LA célèbre sauvegarde qui évite de devoir à nouveau écraser le lendemain la même quantité astronomique de monstres gluants ou d’avoir encore à ouvrir son restaurant en partant de zéro.

Nous voilà donc partis pour une sauvegarde. Sauf dans le cas où, évidemment, le jeu ne permet pas de sauvegarde. Et là c’est le drame !

Heureusement tout est bien qui finit bien. Une nouvelle bataille a été remportée, tout en sachant que dés le lendemain (parfois à la première heure !) la joute reprendra de plus belle.

Après la guerre des écrans, la tablette contre-attaque et le retour du smartphone met tout le monde d’accord !