vendredi 19 juillet 2013

Un petit clin de phare au code de la route

Si vous conduisez régulièrement vous l’avez peut-être aussi remarqué : le clignotant a totalement disparu des voitures récentes.

Il s’agit donc du premier équipement de série qui est devenu une option quand la majorité des options des ces dernières années ont eu la chance de devenir des équipements de série.

Et oui, désormais il est tout à fait exceptionnel que la voiture qui vous précède indique la direction dans laquelle elle va continuer sa route. Pas de clignotant, pas de signaux de fumée, pas de bras qui sorte par la fenêtre, rien… même pas une ouverture de la portière correspondante et qui permettrait de deviner le choix du conducteur ou de la conductrice.

Je vous concède que l’ouverture de la portière est un geste indicateur qui pourrait s’avérer dangereux, surtout en cas de cycliste arrivant à fond dans l’angle mort ou alors de piéton traversant en courant et qui se retrouverait alors rapidement sur votre siège avant.

Quant aux signaux de fumée, cela implique de disposer à bord du matériel permettant de faire une belle flambée bien noire. Le passager ou la passagère peut ainsi se charger du barbecue et souffler dans la direction imposée par l’itinéraire. Jusqu’à présent, lorsque j’ai eu l’occasion d’admirer des signaux de fumée, ils présageaient malheureusement d’une panne certaine et qui était d’ailleurs facilement devinable à la vue du véhicule et aux bruits assourdissants du moteur.

Il faut reconnaître que certains véhicules vous indiquent davantage leur mort prochaine que la direction qu’ils prennent, associant un nuage toxique des plus noirâtres à un concert de hurlements mécaniques. J’en ai croisé quelques-uns sur la nationale 118, cet axe redoutable et dont les virages en pente drues constituent le chemin qui mène à la casse les épaves automobiles venant alors s’échouer sur la bande d’arrêt d’urgence.

Mais je m’égare et vous devez avoir des difficultés à me suivre. Il faut dire que je n’ai pas mis mon clignotant.

Bref, pour revenir à ces voitures dépourvues d’indicateurs de changement de direction (puisque tel est le nom vulgarisé du clignotant), elles laissent heureusement certains indices derrière elles. Le premier est le ralentissement soudain et une virée à droite ou à gauche au choix. Le second signe précurseur est un ralentissement beaucoup plus lent, plus sournois même, accompagné d’une tendance à dévier délicatement dans la direction qui sera celle du changement définitif.

En général, cette baisse progressive d’allure surprend le véhicule positionné derrière qui, ne voyant pas le signal lumineux censé annoncer un virage, ne comprend pas, s’impatiente, envoie une rafale d’appels de phares et dans le pire des cas déclenche une salve de coups de corne de brume digne de faire sursauter tous les piétons situés à moins de cent mètres.


C’est certain que le soir, de retour du bureau après une journée bien pesante et agrémentée de quelques embouteillages, lorsque les nerfs sont à vifs et l’humeur plus qu’orageuse, l’absence de clignotant peut s’avérer être la goutte d’eau qui fait disjoncter le compteur !


Gardez votre calme, restez courtois, respirez un grand coup, éloignez vos mains du klaxon, ouvrez la fenêtre en grand (sauf si il pleut bien entendu), servez-vous une bonne tisane « conduite zen » et tout ira bien.
Voilà vous vous sentez nettement mieux et allez pouvoir prendre la route des vacances en toute quiétude. Un p'tit changement de fil ? Un p'tit coup de cligno !