vendredi 26 juillet 2013

Vous avez reçu un message

Ah le mail ! Ce moyen formidable de communication qui inonde nos boîtes aux lettres électroniques plus fréquemment que les campagnes publicitaires papier, c’est pour dire…

Le courrier électronique a indéniablement certains intérêts : rapide, direct, pouvant être lu depuis un smartphone, permettant d’attacher des pièces jointes (pas trop lourdes s’il vous plaît afin de ne pas planter la boîte de votre destinataire) et de vous adresser à autant de personnes que vous le souhaitez.

Fini le temps où il fallait écrire autant d’enveloppes que de personnes à qui vous écriviez, coller les timbres au point attraper des ampoules à la langue ou d’avoir un goût chimique dans la bouche pendant plusieurs heures, et enfin de courir à la boîte à lettres juste avant la levée du facteur qui permettra d’être dans les temps pour l’envoi de la déclaration d’impôts ou pour la réponse au grand jeu concours organisé par Télé 7 jours et permettant de 
gagner un walkman.

Le mail utilisé dans la vie personnelle et professionnelle, à la maison et au bureau, à la maison pour finir ce qui n’a pas fait été terminé au boulot et au bureau pour régler quelques affaires personnelles. Il faut reconnaître que ce nouveau media est tout de même beaucoup plus pratique : je saisi l’adresse de mon ou mes destinataire(s), j’écris l’objet de mon courrier, je tape le texte, je joins un document et hop j’envoie !

Mince, j’ai envoyé le mauvais document !! Ah la boulette, il ne faut absolument pas qu’il lise celui-là. Situation de crise soudaine ! Comment est-ce que je peux le récupérer, vite les options et rappeler ce mail ! Ca a marché ? Oui ? Non ? Quelle poisse !

Bon je décroche mon téléphone pour appeler la personne et lui dire de ne pas tenir compte de mon mail. Evidemment la messagerie vocale ! Allez je laisse tout de même un message pour la prévenir, cela fait une précaution. Ah je suis tout de même embêté, il est impensable que ce document soit lu. Je sais ! je vais envoyer un mail à ses collègues pour leur demander si ils ont accès à sa boîte mail ce qui permettra de détruire le message (et oui, car vous pouvez partager votre boîte mail aussi facilement que de confier la clé de votre boîte aux lettres pendant les vacances afin que l’on puisse vous faire suivre votre magazine préféré partout où vous êtes).

Hop un mail aux collègues (NDLR : 15 collègues !). Et comme les collègues traitent leurs mails à la vitesse de Buzz l’Eclair, me voilà avec 15 réponses minimum dans les secondes qui suivent. Pourquoi minimum ? Tout simplement parce que certains répondent aux messages de leurs propres collègues en conservant l’intégralité des destinataires. Je vous passe le calcul mais au bas mot, avec un simple message adressé à 15 personnes,  voilà qu’en arrive plus de 55 dans la boîte de tout le monde.

En attendant je n’ai pas réussi à régler mon souci et suis bien embêté. Autre solution qui s’offre à moi, envoyer un mail supplémentaire au titre très évocateur « Annule et remplace », écrit avec l’espoir qu’il sera lu avant le fameux message qui n’aurait pas dû partir…

Attendu que mon esprit était préoccupé par cet épisode fâcheux, il n’a pas remarqué l’arrivée en masse d’autres messages portant sur divers sujets. Il y a des jours où vous vous êtes sans doute demandé si l’ensemble des salariés de votre entreprise ne se sont pas donné le mot pour vous écrire, tellement la cascade de mails est continue.

Un phénomène volumétrique accentué par toutes les alertes et indicateurs possibles lorsqu’un message arrive dans votre boîte : un jingle, un aperçu du message en sur-écran, une enveloppe qui apparaît en bas à droite, une vibration sur votre blackberry et un clignotement lumineux au cas où vous seriez dans le noir. Au moins vous êtes au courant que vous avez reçu un mail ! 

Et c’est sans compter sur la personne qui vous appelle dans la foulée en vous déclamant sans même un bonjour « Je viens de t’envoyer un mail, tu l’as reçu ? »
Bref, le mail qui peut être pratique, peut également s’avérer être une plaie. La phrase qui en témoigne est « Ah je ne m’en sors plus, je n’arrive plus à traiter mes mails ». Et oui nous voilà nombreux à être réduit au job de « gestionnaire de courriers électroniques », quel bonheur et quel épanouissement !

Autre effet pervers qui s’ajoute au bombardement quotidien que chacune de nos boîtes subit, l’impatience engendrée par la rapidité de l’outil. En effet, si le mail circule rapidement, c’est donc que vous le recevez dans la foulée, que vous l’ouvrez immédiatement et êtes en mesure d’y répondre à la minute.

Ce processus simple amène certains à s’octroyer le droit de recevoir une réponse dans les 15 minutes qui suivent l’envoi du message. Si ce délai n’est pas respecté (au sens où il est dépassé bien entendu), vous avez droit à une relance, par mail également. Ce rappel pourra intervenir à intervalles réguliers tant que satisfaction n’a pas été donnée à l’expéditeur. Caricature ? Exagération ? Un tantinet peut-être, quoi que …

Il y aurait encore bien d’autres histoires à écrire au sujet de l’utilisation du mail, ne serait-ce que les réponses à un mail de départ de la société et adressées à toute la liste de distribution, un régal !

Bon je vous laisse, c’est pas tout mais il faut que j’aille répondre à mes mails ;)