vendredi 4 octobre 2013

Mais où est-ce que j’ai mis mes clés ?!

Depuis que le sac à main existe, plusieurs questions résonnent immanquablement aux oreilles d’une bonne partie de l’humanité (à fortiori celle qui se trouve à proximité de la propriétaire du dit sac) :

  • Mais où est-ce que j’ai bien pu mettre mes clés ?
  • Attends je ne trouve plus mes cigarettes ?
  • Où est-ce que j’ai mis mon portable ?
  • C’est fou ça je ne retrouve pas mes clés de voiture ?!
Vous vous reconnaissez ? Cela vous rappelle une situation récente ? Vous avez déjà entendu cela quelque part ? Si vous répondez par l’affirmative, je ne suis pas surpris. Par contre si vous me dîtes que vous ne voyez absolument pas à quoi je fais référence, il est possible que j’émette certains doutes, voire des doutes certains, quant à votre bonne foi.

Il se trouve que le plus mystérieux, une fois cette phase de questionnement passée, réside dans le fait qu’à chaque fois, et je dis bien à chaque fois (bon sauf peut-être les fois où les choses se passent différemment) l’objet recherché est retrouvé dans le célébrissime et fameux sac à main. Ce récipient, qui s’est transformé au fil des âges en véritable article de mode, présente des capacités de rangement inouïes et ce, quelle que soit sa taille !

A plusieurs reprises je me suis dit que le sac à main méritait au moins de faire l’objet d’une thèse. Cette chronique n’est donc qu’un piètre essai de théorisation de ce qui pourrait quasiment suffire à définir la féminité, tout du moins à l’illustrer dans sa composante « organisationnelle ». Mais oui bien sûr ! N’avez-vous jamais entendu une femme vous rétorquer que son sac à main est parfaitement rangé (alors qu’elle s’escrime à chercher depuis 17 minutes son rouge à lèvres qui est à l’intérieur).

Ainsi, en complément d’une compartimentation exemplaire dans certain modèle (grandes poches, petites poches, pochettes intérieures à zip, doublure prévue à cette effet, poches extérieures, etc.), le sujet de notre réflexion est dotée d’une volumétrie tout à fait imposante. Finalement Mary Poppins n’a rien inventé et l’épisode au cours duquel elle extrait un porte-manteau de son sac est la parfaite illustration de ce qui peut être contenu à l’intérieur des sacs de nos chères et tendres.

Selon le fameux théorème qui veut que Rangements x Volume = Fourre-tout, je vous laisse imaginer, ou mieux vous rappeler tout ce que vous avez déjà vu être sorti de notre cher sac ! Et le résultat se trouve souvent agrémenté d’un coefficient multiplicateur lorsqu’il y a eu plusieurs jours d’utilisation du même récipient.

Le terme de « récipient » me fait à l’instant penser que la théorie des vases communicants est tout à fait appropriée aux sacs à main. Vous me suivez ? Observez attentivement comment tout ou partie du contenu du sac utilisé tout au long de la semaine peut se retrouver transféré dans un exemplaire uniquement dédié aux sorties du week-end. La manœuvre est réalisée avec une dextérité impressionnante, en poignées successives, permettant de temps en temps de se séparer de certaines affaires (attention, de temps en temps seulement je précise !).

Au cours de ces grandes « transhumances », il est tout à fait envisageable que la cargaison qui est ainsi passée de l’ensemble ouvert « A » à l’ensemble ouvert « B » se trouve, dans un second temps quasiment immédiat, enrichie d’un lot en provenance de l’ensemble fermé « C ». Finalement théories des ensembles et des sacs communicants s’appliquent en toute fluidité dans notre approche.

Arrêtons-nous désormais quelques instants pour nous concentrer sur l’étape citée précédemment, à savoir se séparer de certaines choses placées dans le sac. Cette phase intervient dans un contexte bien précis : la vidange de sac. Après avoir visionné plusieurs scènes similaires au ralenti, nous pouvons découper l’opération en 4 phases bien distinctes :

1-    Retournement du sac, ouvert évidemment (j’en ai mal au cœur pour lui)
2-    Agitations de haut en bas au-dessus d’une surface plane (un lit, un canapé, une table, voire le sol feront parfaitement l’affaire par exemple ; un puits, la cuvette des toilettes ou au-dessus du balcon font partie des choix à décommander) (quant à moi, je continue à avoir mal au cœur pour le sac)
3-    Chutes de l’ensemble du contenu en pluie ou en amas (là c’est le sac qui a mal au cœur de s’être fait secouer et qui rend tout ce qu’il a dans le cuir)
4-    Tri plus ou moins rapide (cf. notre théorème du fourre-tout), qui se matérialise par la constitution de 2 tas bien distincts : ce qui est gardé et ce qui est jeté. Et quand je dis ce qui est gardé, devrais-je préciser « ce qui est gardé et remis dans le sac précédemment vidé ou dans un autre sac comme le veut la théorie des sacs communicants »
5-    Retour à l’étape 1 pour une nouvelle opération à « sac ouvert »

Malgré la véracité des faits, et j’en veux pour preuve les plaintes pour maltraitance reçue auprès de la SAC (Société des Articles en Cuir dont les sacs à mains sont membres émérites), d’aucuns diront qu’au travers de ces quelques lignes je n’ai fait que vider mon sac. C’est possible, il se trouve que je cherchais moi aussi mes clés de voiture ;)